dimanche 7 juin 2026

SOLEIL, TERRE, LUNE, un trio aux rendez-vous semestriels subtils. SAROS. SERIES de Saros.

 LUNAISONS et ECLIPSES

25 rendez-vous dans l'année 2026 à des dates et des heures indisciplinées (?)

En 2026 treize rencontres sont des pleines lunes, douze des nouvelle lunes: quant au nombre c'est dans la norme puisqu'une lunaison durant en moyenne 29.53 jours, douze lunaisons comptent 354,36 jours. Dans l'année il y a 12.36 lunaisons soit 12 et une treizième tous les trois ans.

Les rencontres se reproduisent donc, d'année en année, avec 365.24 - 354.36 soit 11 jours d'avance.

Plusieurs fois par an, lors d'une nouvelle lune survient une éclipse solaire ou lors d'une pleine lune une éclipse lunaire. Soit la Lune cache le Soleil, soit l'Ombre portée de la Terre cache la Lune. Le trio est en fait un quartet: ou bien la Lune se trouve entre Terre et Soleil et c'est une éclipse solaire, ou bien le Soleil projette l'ombre de la Terre sur la Lune et c'est une éclipse lunaire.

Le plan dans lequel la Terre décrit son orbite autour du Soleil est dénommé "écliptique" puisque c'est le plan que traverse la Lune lors d'une éclipse (du grec ekleipsis disparition) au cours de son trajet autour de la Terre dans un plan d'inclinaison variable par rapport à ce plan d'environ 5°. Ces deux plans se coupent donc en deux points dénommés nœuds de l'orbite lunaire. La condition d'une éclipse est donc que Soleil et Lune ou bien, ombre et Lune, se trouvent ensemble au voisinage de l'un des nœuds. Voilà donc deux acteurs supplémentaires du phénomène.

La Lune subit les attractions de la Terre et surtout du Soleil (deux fois plus forte environ) ce qui rend son orbite extrêmement variable. Non seulement l'inclinaison du plan de l'orbite varie mais aussi l'excentricité et le demi grand axe instantanés. Les nœuds, eux-mêmes, sont mobiles et se déplacent sur l'écliptique dans un sens rétrograde avec un mouvement complexe présentant des périodes rapides, d'autres lentes et avec des allers-retours. Ils régressent sur l'écliptique en moyenne de 18.6 ° en un an.

L'interaction entre le rythme des lunaisons et celui des nœuds entraîne une grande variabilité dans la nature et les caractéristiques de l'éclipse.

Les orbites de la Terre et de la Lune sont elliptiques et les diamètres apparents vus depuis la Terre évoluent donc en fonction de la distance au foyer, Soleil pour la Terre et Terre pour la Lune. Pour le Soleil le diamètre varie de 31.5' à 32.5' et pour la Lune de 29.3' à 33.5'. On constate que les diamètres apparents des deux astres restent très voisins, la Lune pouvant présenter un diamètre un peu supérieur ou un peu inférieur à celui du Soleil. L'éclipse totale impressionne mais la plus belle, car la plus suggestive, est l'éclipse annulaire.

Il y a là une coïncidence extraordinaire: la Lune se trouve environ 400 fois plus près de la Terre (384.000 km) que le Soleil (149.600.000 km) dont le diamètre réel (1.393.000 ) km est 400 fois plus important que le sien (3.475 km)!

Avec une Lune qui serait deux fois plus éloignée de la Terre qu'elle ne l'est, les éclipses auraient été difficilement discernables sans instrument car l'affaiblissement du Soleil serait insignifiant. La seule façon de réaliser que le Soleil est partiellement occulté aurait été d'apercevoir son image à la surface d'une pièce d'eau calme et d'imaginer ce qui se passe

Citons l'astronome Paul Couderc (1899/1981) dans l'introduction du livre "Les Eclipses" PUF 1971:

"Les éclipses, leur observation assidue, le désir de les comprendre et plus tard de les prédire, ont été le moteur premier de la science et, sans nul doute, un facteur essentiel dans le développement intellectuel de l'homme: la raison humaine y a trouvé ses premiers succès et son meilleur terrain d'exercice."

Compte tenu de la valeur des diamètres apparents des astres concernés et de l'inclinaison de l'orbite lunaire au moment de l'éclipse, 5.3°, c'est pendant une période de 35.26 jours (soit 34.75°) axée sur chacun des deux nœuds qu'interviennent les éclipses. Cette période est dénommée saison d'éclipses. En raison du mouvement rétrograde des nœuds, les deux saisons d'éclipses annuelles sont séparées de 173 jours en moyenne. Une lunaison durant 29.53 jours, soit 5.7 jours de moins que cette période, le Soleil (ou l'ombre de la Terre) présent(e) dans le voisinage d'un nœud ne peut manquer de rencontrer la Lune pendant une saison d'éclipses. Il en découlera une éclipse solaire (ou lunaire) et, une demi lunaison plus tard, environ quinze jours, une seconde éclipse de l'autre sorte. Par rapport au nœud, compte tenu de la rétrogradation de celui-ci, le Soleil se déplace de 30.67° par lunaison, valeur inférieure à la période critique de 34.75°.

Il en découle que si une éclipse intervient tout au début de la saison, l'éclipse suivante, de l'autre sorte, peut laisser place à une troisième éclipse de la même sorte que la première au même nœud. La qualité de l'éclipse dépend de l'écart entre le passage au nœud et l'instant de la conjonction. Plus cet écart est faible plus l'éclipse est forte. Près des extrémités de la saison, les astres ne s'éclipsent que partiellement. Dans le cas de trois éclipses dans la saison, une éclipse totale est entourée  de deux éclipses faibles. Cela se produit environ une fois sur 6 seulement.

Paul Couderc, opus cité:

"Tout franchissement d'un nœud par le Soleil (tous les 173 jours) s'accompagne nécessairement de deux éclipses au moins, à 15 jours d'intervalle, lors deux syzygies consécutives, l'une de Soleil, l'autre de Lune, en ordre quelconque. Quand il n'y a que deux éclipses successives, l'une a lieu avant le passage du Soleil au nœud, l'autre après, l'une est voisine du nœud ascendant, l'autre du nœud descendant, à l'opposé dans le Zodiaque. Mais il peut survenir 3 éclipses consécutives..."

NB "syzygie" signifie "réunion" de trois corps, ici Soleil, Lune et Terre, soit conjonction ou opposition.

éclipses de Soleil en noir, de Lune en rouge, nœuds en bleu

En 365 jours continus il peut y avoir 4 ou 5 ou 6 ou 7 éclipses.

Les paires d'éclipses, l'une de Soleil, l'autre de Lune, séparées de 15 jours, avancent dans le calendrier au rythme de onze jours par an, Soleil ou Lune en tête, le leadership changeant après deux ans.
En effet le Soleil progresse de 30.67° par lunaison par rapport au nœud, soit 368.04°en 12 lunaisons. Si la première éclipse d'une saison se produit en début de saison loin du nœud, la correspondante de l'année suivante, la deuxième, se produit au même nœud 12 lunaisons plus tard avec une avance de 8.04°. Celle de l'année suivante, la troisième pourrait se produire avec une avance de 16.08°.mais généralement elle est doublée par l'éclipse de l'autre sorte qui la devance de quinze jours et prend le commandement.
Il arrive que la troisième éclipse surgisse si elle peut précéder l'éclipse de l'autre sorte car la durée de la lunaison 29.53 j et l'avancée du Soleil  pendant une lunaison 30.67° ne sont que des moyennes. Les triplets interviennent dans moins d'un cas sur six. Souvent le triplet est suivi d'un second triplet homologue inversé deux ans après. C'est le cas des couples d'années 2027/2029 et 2036/2038.

 Le déplacement  d'une année sur l'autre de l'instant de l'éclipse au même nœud étant de 8.04°, et la saison s'étendant sur 34.75° il se produit une suite de quatre éclipses de la même sorte en quatre ans à un même nœud appelée suite courte. Rarement, la suite courte contient cinq éclipses: c'est le cas des étés 2027 à 2031.


Le cycle SAROS

A l'examen des mouvements moyens des différents acteurs d'une éclipse, Soleil, Lune et nœuds, on constate qu'il existe une période ramenant les paramètres, chacun à sa valeur de départ.

En effet:
223 mois lunaires moyens (nouvelles ou pleines lunes) durent: 223 * 29.5306 = 6585.3211 jours,
242 "mois" du passage de la Lune à un nœud durent: 242 * 27.2122 = 6585.3567 jours (+0.0013 j),
19 "années" moyennes des nœuds durent: 19 * 346.62 = 6585.78 jours (+0.4589 j),
239 "mois" du passage de la Lune au périgée durent: 239 * 27.5546 =  6585.5374 jours (+0.0079 j).

A très peu près toutes ces périodes de mouvements moyens concourent, c'est une circonstance extraordinaire!

De plus, 18 "années" du passage de la Terre à son périhélie durent: 18 * 365.2596 =  6574.67 jours (-10.65j) et la modification des diverses inégalités affectant la Terre reste faible.

En 6585.3211 jours le Soleil aura parcouru 18 orbites plus 10°, ce qui génère un décalage vers l'est bien visible sur le tableau ci-dessous.

Ainsi cette durée de 6585.3211 jours ou 18 ans et 10 (ou 11) jours est bien un rythme de récurrence du phénomène des éclipses. On la désigne par "Saros" et elle contient en moyenne 84 éclipses, moitié solaires, moitié lunaires.

L'éclipse du 12 août 2026 fait ainsi suite après 6585.8 jours à celle du 1er août 2008 et se répètera le 23 août 2044.


Les SERIES de cycles SAROS

Mais il y a encore mieux en considérant une suite de Saros commençant par une éclipse proche du début de la saison, très faible et se terminant à la fin de la saison aussi par une autre éclipse très faible. 
A l'issue d'un saros de 6585.3211 jours, le nœud prend une avance sur la syzygie de 6585.3567-6585.3211 soit 0.0356 jours ce qui correspond à 28.5 minutes d'arc. D'un Saros à l'autre, ce décalage vers l'ouest du nœud a pour conséquence une faible modification des caractéristiques de l'éclipse: sa distance au nœud augmente, la syzygie prend du retard et l'ombre de la Lune sur la Terre descend vers le sud, ou monte vers le nord suivant qu'il s'agit du nœud descendant ou ascendant, de 2.64 minutes d'arc.
Le décalage complet vers l'ouest des 28.5 minutes d'arc marque la fin de la série de Saros après, en moyenne, un nombre de Saros donné par: 34.75 / (28.5 / 60 ) soit 74. La moyenne est de 72 éclipses.

Cette durée de 72 * 18 soit 1'296 ans est désignée par "Série de cycles Saros solaires" au nœud considéré.

Dans cette série une "éclipse" nait, atteint son maximum, puis meurt environ 1.300 années après!

Ces séries de cycles Saros ont été numérotées en 1955 par l'astronome hollandais George van den Bergh (1890/1966) de -13 à 190. Le numéro 1 a été donné à la série ( 4/06/-2873 , 11/07/-1593 ) qui faisait démarrer le décompte après l'année -3000.
Les séries au nœud descendant portent un numéro pair, celles au nœud ascendant un numéro impair.

A ce jour 116 séries sont éteintes. La série 117 ( 24/06/0792 , 3/08/2054 ) est la plus ancienne encore en cours. La série 156 ( 1/07/2011 , 14/07/3237 ) est la plus jeune. L'éclipse du 1er juillet 2011 qui l'a ouverte a concerné le pôle sud, sa grandeur était de 0.097.
Il y a 40 séries en cours.

L'éclipse du 12 août 2026 appartient à la Série 126 qui s'est ouverte avec l'éclipse du 10 mars 1179, ce qui nous rattache au Moyen Age, à la Reconquista et au Cid ! Cette série comprend les éclipses des 1er août 2008 et 23 août 2044 et se terminera avec l'éclipse du 3 mai 2459 après 1280 années.
L'éclipse porte le rang 48 sur 72 éclipses, rang encore honorable qui signe une éclipse totale. L'éclipse du 23 août 2044 sera la dernière éclipse totale de la série 126.

L'autre éclipse de Soleil de 2026, annulaire, qui s'est produite au nœud ascendant le 17 février 2026 appartenait à la série 121 qui avait débuté le 25 avril 944 et qui se terminera avec l'éclipse du 7 juin 2206.

Bien entendu, toit ce qui a été  exposé pour les éclipses solaires se répète pour les éclipses lunaires. 







samedi 9 mai 2026

Equation du Temps item 2

 

Pour les déclinaisons  positives il y a compensation et pour les négatives, amplification.

L'origine du mot analemme renvoie à la notion de ressort intime d'un fait. Cette anomalie d'un Soleil si présent, reste insoupçonnée pour tout un chacun alors qu'elle a des conséquences sur l'écoulement du temps sur la Terre.

Il n'y a qu'à constater l'ardeur des débats désordonnés qui s'élèvent à chaque changement "heure d'été / heure d'hiver" ou l'inverse. L'inculture généralisée des habitants de la Terre en matière astronomique éclate alors au grand jour et peu de voix s'interposent pour justifier cette disposition qui est la conséquence d'un fait astronomique.

En France on a supprimé l'enseignement de la "Cosmographie" en 1968 alors que nous baignons dans un univers saturé de satellites, gourmand de voyages extra-terrestres et avide de conquête spatiale. Mais cette décision ne trouve-t-elle pas sa justification principale dans l'incompétence des professeurs en la matière parce que celle-ci implique une culture et un effort d'abstraction spécifiques? Comment s'étonner alors du succès de croyances déviantes complètement délirantes à l'aune de la simple réalité!

L'écart entre temps solaire et temps terrestre résulte d'une part des lois de l'attraction universelle et d'autre part de l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre sur le plan de son orbite. La composition de ces deux effets donne une résultante en forme de huit étranglé. On constate qu'elle est surtout sensible pour la période automne / hiver quand le soleil présente une déclinaison négative.

Evolution au cours de l'année de l'équation et de ses composantes

L'astronome allemand Johannes KEPLER (1571/1630) a découvert en 1609, après un travail acharné de plusieurs années sur l'orbite de Mars, les lois qui régissent le mouvement des planètes. La première loi fait de l'orbite une ellipse dont le Soleil est l'un des foyers et la deuxième, dite loi des aires, établit que la vitesse variable sur l'orbite est telle que le rayon vecteur reliant Soleil et planète couvre pendant des durées égales des surfaces égales. Cela signifie que la planète va plus vite que la moyenne quand elle est proche du Soleil, au périhélie, et moins vite quand elle en est éloignée, à l'aphélie.

C'est la loi des aires qui règle la vitesse V d'une planète terrestre sur son orbite. Désignant par R sa distance ,variable, au Soleil et a le demi-grand axe de son orbite, les deux en unité astronomique, on a: V = 42.1219*rac(1/R-1/(2*a)) km/s. Soit, pour la Terre, une vitesse moyenne de 29.785 km/s, de 30.29 km/s au périhélie et 29.29 km/s à l'aphélie.

Cette formule est chère à Jean Meeus, astronome belge né en 1928, qui orne avec elle les éditions de son ouvrage  Astronomical Algorithms!

La Terre, elle, tourne sur elle-même très régulièrement. En conséquence, au périhélie le 3 janvier, la durée du jour entre deux passages au méridien est plus courte car le Soleil revient plus tôt. A l'inverse, à l'aphélie le 6 juillet la Terre, "paresseuse" attend plus longtemps le retour du Soleil. L'équation de Kepler (u-e*sin(u)=M), passage obligé du calcul de la position du Soleil à un instant donné est transcendante et ne peut être résolue que par itération. On se satisfait généralement des premiers termes du développement donnant la longitude L en fonction du temps

L = O + M + 2e*sin(M)

 où O est la longitude du périhélie, M l'angle annexe du mobile qui décrirait uniformément le cercle principal de l'orbite et e l'excentricité. L'écart 2*e*sin(M) varie entre plus ou moins 1.92° et s'annule les 3 avril et 1er octobre.

Mais l'axe de rotation de la Terre présente une obliquité de 23.44° sur son orbite. C'est à cette particularité que l'on doit la succession des saisons, alternativement plus froides et plus chaudes, cette alternance semblant indispensable à l'installation du phénomène de la Vie.

Dans la pratique, ce qui intéresse les habitants de la Terre c'est la progression du Soleil dans le système relatif à l'axe nord/sud des coordonnées équatoriales, ascension droite et  déclinaison. Lorsque le Soleil est proche des solstices, les 21 juin et 22 décembre, sa trajectoire reste sensiblement parallèle à l'équateur: sa vitesse dans le ciel est égale à celle qu'il a sur son orbite, Mais lorsqu'il est proche des équinoxes, les 20 mars et 23 septembre, son déplacement présente un angle de 23.44° avec l'équateur et sa vitesse par rapport au méridien en est réduite. L'ascension droite A se calcule par la formule

tan(A) = cos(23.44)*tan(L) dont la valeur du premier terme de la série est

A = L - (tan(23.44/2)^2)*sin(2*L) ce qui s'écrit alors:

 A = (O + M) + 2e*sin(M) - (tan(23.44/2)^2)*sin(2*(O+M))

où le second terme est appelé équation du centre et le troisième réduction à l'équateur. L'écart entre A et (O + M) se dénomme équation du temps et décrit au cours de l'année la courbe rouge en haut de la figure ci-dessus.

Cette équation du temps s'analyse en une variation de la durée du jour vrai, combinaison des deux effets, celui annuel de la loi des aires et celui semestriel de l'obliquité. L'effet saisonnier de l'obliquité dont l'amplitude est 21°, est largement prépondérant. et les jours les plus longs sont proches des solstices, les plus courts, des équinoxes. L'effet de la loi des aires dont l'amplitude est 7.8° atténue le précédent à l'aphélie qui est proche du solstice d'été et l'amplifie au périhélie proche du solstice d'hiver.

La composition des deux variations donne donc la courbe en huit étranglé de la figure du début.

les jours les plus courts, les plus longs, les équations nulles, maximales, minimales

De fin juillet à début novembre le Soleil tourne plus vite que la moyenne et l'avance dépasse 16 minutes le 3 novembre, puis il ralentit jusqu'à mi-février et accuse alors un retard de plus de 14 minutes le 11 février. A la fin mars il retrouve la vitesse qu'il avait fin juillet. En trois mois et demi de "mauvaise saison" il rattrape plus d'une demi heure de précocité.

Cette circonstance justifie le changement d'heure légale car pour la moitié il est réalisé par le Soleil lui-même. Il est vrai que pour l'hémisphère sud cet avantage disparait. D'ailleurs ce dispositif n'est que rarement en place dans ces pays.

Année repliée solstice sur solstice

Cette figure présente en gris, vert, jaune et brun les lignes des moments des levers et couchers du Soleil et met en avant les écarts d'horaires dus à l'équation du temps. On constate que ceux-ci sont bien plus marqués pour l'automne et l'hiver. Les deux lignes continues bleue et rouge marquent, fortement dilatées, les valeurs de l'équation du temps, celles en pointillé représentent la durée des jours.

Le lever le plus tardif se fait le1er janvier à 8h3, le coucher a lieu à 16h3 après 8h de présence.

Le coucher le plus précoce se fait le 12/12 à 15h5, le lever a eu lieu à 7h54 pour 8h de présence.

Le lever le plus précoce se fait le 17/06 à 3h44, le coucher a lieu à 20h16 après 16h32 de présence.

Le coucher le plus tardif se fait le 26/06 à 20h18, le lever a eu lieu  à 3h46 pour 16h32 de présence.

Les instants mentionnés ci-dessus ne coïncident pas avec les dates des solstices...


NB 1 l'article "Equation du Temps" item 1 a été publié dans le présent blog le 6 juin 2014

NB 2 cet article, ainsi que la plupart de ceux de ce blog, doit beaucoup à l'ouvrage du Professeur André DANJON  "Astronomie générale" publié pour la première fois en 1959 puis en 1994 par les Editions Blanchard.

lundi 4 mai 2026

Les pentagones des conjonctions Soleil / Vénus de 2016 à 2032

 


La résonnance entre Terre et Vénus


La Terre, en bleu, est représentée immobile, le Soleil, en jaune, tourne autour d'elle et Vénus, en noir, tourne autour du Soleil.

La révolution synodique de Vénus dure 583.9 jours. On constate alors que cinq révolutions synodiques comptent 2919.5 jours, soit le même nombre de jours à 2.3 unités près que 8 années terrestres : 2921.9.

La planète se déplace dans une couronne autour de la Terre comprise entre deux cercles atteints, pour l'apogée en bleu, le 6 janvier 2026 à 255'800'000km et pour le périgée en gris, le 24 octobre 2026 à 41'9000'000km.

Les conjonctions supérieures ou inférieures se reproduisent ainsi à intervalles de 1.6 an en décrivant les sommets de deux pentagones quasiment réguliers. Leurs dates dessinées en bleu pour les conjonctions supérieures et en gris pour les inférieures, tournent dans le sens rétrograde au rythme de 2.3 jours par période de 2920 jours.

On a dessiné en rouge la direction du nœud de l'orbite à la date du dernier passage de Vénus sur le Soleil le 6 juin 2012.




mardi 16 décembre 2025

ECLIPSE du 12 août 2026 et autres

  

Cette éclipse totale rappelle évidemment celle du 11 août 1999, totale également, qui était visible à très peu près dans les mêmes conditions en Europe.

 

 En Valais l'obscuration atteindra 92.3%: c'est une sorte de record.

 

 27 années, à un jour près, séparent ces deux phénomènes: un anniversaire?

On connait le "Saros" durée égale à 223 lunaisons de 29.5306 jours soit 6585.32 jour, soit 18 années civiles plus 11 ou 12 jours suivant le nombre d'années bissextiles contenues (18.0316 années).

Pour qu'il y ait éclipse il faut d'abord l'alignement entre Soleil, Terre et Lune, soit une pleine une ou une nouvelle lune, ce qui se produit en moyenne à la fréquence de 29.5306 jours. Il faut encore une proximité concomitante du Soleil et de la Lune avec un nœud de l'orbite lunaire sur l'écliptique. Or les nœuds coïncident avec le Soleil tous les 346.62 jours (année des éclipses) et avec la Lune tous les 27.2122 jours (mois draconitique en référence aux dragons qui tentent de dévorer Lune ou Soleil).

Toutes ces fréquences sont des moyennes alors que la Lune est l'astre le moins discipliné de ces acteurs. La principale inégalité du mouvement lunaire a pour moteur sa distance au périgée de son orbite. Paul Couderc(1899/1981) in Les éclipses, PUF, "Par une circonstance heureuse, à laquelle le saros doit l'essentiel de son efficacité il se trouve que" la durée du retour au périgée vaut 27.5546 jours (mois anomalistique).

On obtient alors les fréquences suivantes: 

223 lunaisons comptent 6585.32 j

19 années des éclipses comptent 6585.78 j

242 mois draconitiques comptent 6585.3567 j

 239 mois anomalistiques comptent 6585.5374 j

Si donc une éclipse se produit lors d'un jour J, une éclipse très ressemblante se produira au jour J+6385 soit 18 années et 10 jours après. De plus la Terre connait elle aussi une inégalité attachée à sa distance à son périhélie. 18 années anomalistiques de la Terre comptent 6574.67 j soit 10.5 jours de moins que le saros, il n'y aura donc que de très faibles incidences des autres inégalités.

La différence principale entre deux éclipses écartées de 6585.32 jours provient de la fraction de 0.32 jours qui induit un décalage vers l'ouest de l'ombre de la Lune sur la Terre. La correspondante de celle du 11/08/1999 à l'occasion de la nouvelle lune à 11h09 TU s'est produite le 21 août 2017 à l'occasion de la nouvelle lune à 18h30 TU et était visible en Amérique du nord. Au bout de trois saros, soit 54 ans, les conditions de visibilité en un lieu donné sont voisines.

Le jour julien du 11/08/1999 est 2'451'402, celui du 12/08/2026, 2'461'265, soit un écart de 9'863 jours, soit environ 1.5 saros: il n'y a là qu'une coïncidence et non pas un anniversaire... 

 

Il faudra se rendre sur la rive gauche du Rhône

 



séquence typique d'éclipses

Le tableau ci-dessus montre le mécanisme des éclipses sur 9 années. Les séries courtes sur quatre ans des éclipses de Soleil ou de Lune apparaissent clairement et présentent une pente un peu plus accentuée que les lignes des nœuds, le nœud ascendant précédant dans le calendrier le nœud descendant. En 2021 les éclipses de Soleil sont les quatrièmes des séries qui se terminent et les éclipses de Lune les secondes de leurs séries. En 2022 de nouvelles séries d’éclipses de Soleil naissent en ordre inverse en traversant les nœuds, le Soleil passant devant la Lune. En 2024 c'est le tour de nouvelles séries d'éclipses de Lune. En 2025 les séries d'éclipses de Soleil se terminent pour renaître en 2026.

En 2027 une nouvelle série d'éclipses de Lune apparait en juillet alors que la précédente ne se termine qu'en août: il se produit alors deux éclipses de Lune encadrant l'éclipse de Soleil du 2 août. L'année compte 5 éclipses. L'année 2028 compte aussi 5 éclipses à cause de la "retardataire" du 31 décembre.

 En 2029 il se produit une particularité du même ordre mais pour les éclipses de Soleil, deux éclipses de Soleil encadrant l'éclipse de Lune du 26 juin. L'année compte six éclipses. Et on voit bien que si l'éclipse du 31/12/2028 se produisait au tout début de 2029, il y aurait sept éclipses dans l'année (c'est le maximum).



13 pleines lunes et 12 nouvelles lunes

les nœuds ont bien opéré leur recul annuel de 18/19 jours




 


 
 
Les caractéristiques de la très belle éclipse du 12 août, totale et près du pôle nord, sont la contrepartie de celles de la petite éclipse du 17 février, annulaire et au delà du pôle sud.
 
 




lundi 15 décembre 2025

DANSES annuelles de VENUS et MERCURE Périodes de VISIBILITE de MERCURE en 2026

 










L'ECLIPTIQUE, BALLET des PLANETES autour du Soleil en 2026

 


On a retenu la journée du 12 août, date de l'éclipse totale de Soleil. Les pointillés renforcés de la trace de Mercure donnent les périodes de sa visibilité. Idem pour les cornes de Vénus. L'étoile du berger change de statut matin/soir le 24/10. Le point triple du 21 avril, Mercure, Mars, Saturne, se produit trop près du Soleil pour être observable.

 


 


 

ETOILES et PLANETES d'hiver, ETOILES et PLANETES d'été en 2026

 Les Ciels étoilés d'hiver et d'été

 

La projection utilisée ici est celle de Philippe de La Hire (1640/1718) pour son astrolabe. 

Chacune des deux figures présente les étoiles à quinze jours d'intervalle, le premier et le 16 du mois, dans la même position si on avance d'une heure l'observation. (24 heures font 24 quinzaines).

 


 



 Ci-dessous la bande équatoriale du ciel dans la projection de Mercator (1512/1594) avec la trace du déplacement des planètes prés de l'écliptique au cours des deux demi-années 2026 

Mercure fait une boucle en mars. La zone jaune clair est la trace de la Lune dans la période.

 

Mercure fait une seconde boucle en juillet et une troisième en novembre. Vénus fait sa boucle en octobre lors de la conjonction inférieure du 24 octobre. Mars n'en fait pas cette année.