samedi 9 mai 2026

Equation du Temps item 2

 

Pour les déclinaisons  positives il y a compensation et pour les négatives, amplification.

L'origine du mot analemme renvoie à la notion de ressort intime d'un fait. Cette anomalie d'un Soleil si présent, reste insoupçonnée pour tout un chacun alors qu'elle a des conséquences sur l'écoulement du temps sur la Terre.

Il n'y a qu'à constater l'ardeur des débats désordonnés qui s'élèvent à chaque changement "heure d'été / heure d'hiver" ou l'inverse. L'inculture généralisée des habitants de la Terre en matière astronomique éclate alors au grand jour et peu de voix s'interposent pour justifier cette disposition qui est la conséquence d'un fait astronomique.

En France on a supprimé l'enseignement de la "Cosmographie" en 1968 alors que nous baignons dans un univers saturé de satellites, gourmand de voyages extra-terrestres et avide de conquête spatiale. Mais cette décision ne trouve-t-elle pas sa justification principale dans l'incompétence des professeurs en la matière parce que celle-ci implique une culture et un effort d'abstraction spécifiques? Comment s'étonner alors du succès de croyances déviantes complètement délirantes à l'aune de la simple réalité!

L'écart entre temps solaire et temps terrestre résulte d'une part des lois de l'attraction universelle et d'autre part de l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre sur le plan de son orbite. La composition de ces deux effets donne une résultante en forme de huit étranglé. On constate qu'elle est surtout sensible pour la période automne / hiver quand le soleil présente une déclinaison négative.

Evolution au cours de l'année de l'équation et de ses composantes

L'astronome allemand Johannes KEPLER (1571/1630) a découvert en 1609, après un travail acharné de plusieurs années sur l'orbite de Mars, les lois qui régissent le mouvement des planètes. La première loi fait de l'orbite une ellipse dont le Soleil est l'un des foyers et la deuxième, dite loi des aires, établit que la vitesse variable sur l'orbite est telle que le rayon vecteur reliant Soleil et planète couvre pendant des durées égales des surfaces égales. Cela signifie que la planète va plus vite que la moyenne quand elle est proche du Soleil, au périhélie, et moins vite quand elle en est éloignée, à l'aphélie.

La Terre, elle, tourne sur elle-même très régulièrement. En conséquence, au périhélie le 3 janvier, la durée du jour entre deux passages au méridien est plus courte car le Soleil revient plus tôt. A l'inverse, à l'aphélie le 6 juillet la Terre, "paresseuse" attend plus longtemps le retour du Soleil. L'équation de Kepler (u-e*sin(u)=M), passage obligé du calcul de la position du Soleil à un instant donné est transcendante et ne peut être résolue que par itération. On se satisfait généralement des premiers termes du développement donnant la longitude L en fonction du temps: L = O+M+2e*sin(M) où O est la longitude du périhélie, M l'angle annexe du mobile qui décrirait uniformément le cercle principal de l'orbite et e l'excentricité. L'écart 2*e*sin(M) varie entre plus ou moins 1.92° et s'annule les 3 avril et 1er octobre.

Mais l'axe de rotation de la Terre présente une obliquité de 23.44° sur son orbite. C'est à cette particularité que l'on doit la succession des saisons, alternativement plus froides et plus chaudes, cette alternance semblant indispensable à l'installation du phénomène de la Vie.

Dans la pratique ce qui intéresse les habitants de la Terre c'est la progression du Soleil dans le système relatif à l'axe nord/sud des coordonnées équatoriales, ascension droite et  déclinaison. Lorsque le Soleil est proche des solstices, les 21 juin et 22 décembre, sa trajectoire reste parallèle à l'équateur: sa vitesse dans le ciel est égale à celle qu'il a sur son orbite, Mais lorsqu'il est proche des équinoxes, les 20 mars et 23 septembre, son déplacement présente un angle de 23.44° avec l'équateur et sa vitesse par rapport au méridien est réduite. L'ascension droite A se calcule par la formule tan(A) = cos(23.44)*tan(L), et la valeur du premier terme de la série est A = L-(tan(23.44/2)^2)*sin(2*L) ce qui s'écrit alors:

 A = (O + M) + 2e*sin(M) - (tan(23.44/2)^2)*sin(2*(O+M)) où le second terme est appelé équation du centre et le troisième réduction à l'équateur. L'écart entre A et (O + M) se dénomme équation du temps et décrit au cours de l'année la courbe rouge en haut de la figure ci-dessus.

Cette équation du temps s'analyse en une variation de la durée du jour vrai, combinaison des deux effets, celui annuel de la loi des aires et celui semestriel de l'obliquité. L'effet saisonnier de l'obliquité dont l'amplitude est 21°, est largement prépondérant. et les jours les plus longs sont proches des solstices, les plus courts, des équinoxes. L'effet de la loi des aires dont l'amplitude est 7.8° atténue le précédent à l'aphélie proche du solstice d'été et l'amplifie au périhélie proche du solstice d'hiver. C'est cette loi qui règle la vitesse de la terre sur son orbite.

La composition des deux variations donne donc la courbe en huit étranglé de la figure du début.

les jours les plus courts, les plus longs, les équations nulles, maximales, minimales

De fin juillet à début novembre le Soleil tourne plus vite que la moyenne et l'avance dépasse 16 minutes le 3 novembre, puis il ralentit jusqu'à mi-février et accuse alors un retard de plus de 14 minutes le 11 février. A la fin mars il retrouve la vitesse qu'il avait fin juillet. En trois mois et demi de "mauvaise saison" il rattrape plus d'une demi heure de présence.

Cette circonstance justifie le changement d'heure légale car pour la moitié il est réalisé par le Soleil lui-même. Il est vrai que pour l'hémisphère sud cet avantage disparait. D'ailleurs ce dispositif n'est que rarement en place dans ces pays.

Année repliée solstice sur solstice

Cette figure présente en gris, vert, jaune et brun les lignes des moments des levers et couchers du Soleil et met en avant les écarts d'horaires dus à l'équation du temps. On constate que ceux-ci sont bien plus marqués pour l'automne et l'hiver. Les deux lignes continues bleue et rouge marquent, fortement dilatées, les valeurs de l'équation du temps, celles en pointillé représentent la durée des jours.

Le lever le plus tardif se fait le1er janvier à 8h3, le coucher a lieu à 16h3 après 8h de présence.

Le coucher le plus précoce se fait le 12/12 à 15h5, le lever a eu lieu à 7h54 pour 8h de présence.

Le lever le plus précoce se fait le 17/06 à 3h44, le coucher a lieu à 20h16 après 16h32 de présence.

Le coucher le plus tardif se fait le 26/06 à 20h18, le lever a eu lieu  à 3h46 pour 16h32 de présence.

Les instants mentionnés ci-dessus ne coïncident pas avec les dates des solstices...


NB l'article "Equation du Temps" item 1 a été publié dans le présent blog le 6 juin 2014 

lundi 4 mai 2026

Les pentagones des conjonctions Soleil / Vénus de 2016 à 2032

 


La résonnance entre Terre et Vénus


La Terre, en bleu, est représentée immobile, le Soleil, en jaune, tourne autour d'elle et Vénus, en noir, tourne autour du Soleil.

La révolution synodique de Vénus dure 583.9 jours. On constate alors que cinq révolutions synodiques comptent 2919.5 jours, soit le même nombre de jours à 2.3 unités près que 8 années terrestres : 2921.9.

La planète se déplace dans une couronne autour de la Terre comprise entre deux cercles atteints, pour l'apogée en bleu, le 6 janvier 2026 à 255'800'000km et pour le périgée en gris, le 24 octobre 2026 à 41'9000'000km.

Les conjonctions supérieures ou inférieures se reproduisent ainsi à intervalles de 1.6 an en décrivant les sommets de deux pentagones quasiment réguliers. Leurs dates dessinées en bleu pour les conjonctions supérieures et en gris pour les inférieures, tournent dans le sens rétrograde au rythme de 2.3 jours par période de 2920 jours.

On a dessiné en rouge la direction du nœud de l'orbite à la date du dernier passage de Vénus sur le Soleil le 6 juin 2012.




mardi 16 décembre 2025

ECLIPSE du 12 août 2026 et autres

  

Cette éclipse totale rappelle évidemment celle du 11 août 1999, totale également, qui était visible à très peu près dans les mêmes conditions en Europe.

 

 En Valais l'obscuration atteindra 92.3%: c'est une sorte de record.

 

 27 années, à un jour près, séparent ces deux phénomènes: un anniversaire?

On connait le "Saros" durée égale à 223 lunaisons de 29.5306 jours soit 6585.32 jour, soit 18 années civiles plus 11 ou 12 jours suivant le nombre d'années bissextiles contenues (18.0316 années).

Pour qu'il y ait éclipse il faut d'abord l'alignement entre Soleil, Terre et Lune, soit une pleine une ou une nouvelle lune, ce qui se produit en moyenne à la fréquence de 29.5306 jours. Il faut encore une proximité concomitante du Soleil et de la Lune avec un nœud de l'orbite lunaire sur l'écliptique. Or les nœuds coïncident avec le Soleil tous les 346.62 jours (année des éclipses) et avec la Lune tous les 27.2122 jours (mois draconitique en référence aux dragons qui tentent de dévorer Lune ou Soleil).

Toutes ces fréquences sont des moyennes alors que la Lune est l'astre le moins discipliné de ces acteurs. La principale inégalité du mouvement lunaire a pour moteur sa distance au périgée de son orbite. Paul Couderc(1899/1981) in Les éclipses, PUF, "Par une circonstance heureuse, à laquelle le saros doit l'essentiel de son efficacité il se trouve que" la durée du retour au périgée vaut 27.5546 jours (mois anomalistique).

On obtient alors les fréquences suivantes: 

223 lunaisons comptent 6585.32 j

19 années des éclipses comptent 6585.78 j

242 mois draconitiques comptent 6585.3567 j

 239 mois anomalistiques comptent 6585.5374 j

Si donc une éclipse se produit lors d'un jour J, une éclipse très ressemblante se produira au jour J+6385 soit 18 années et 10 jours après. De plus la Terre connait elle aussi une inégalité attachée à sa distance à son périhélie. 18 années anomalistiques de la Terre comptent 6574.67 j soit 10.5 jours de moins que le saros, il n'y aura donc que de très faibles incidences des autres inégalités.

La différence principale entre deux éclipses écartées de 6585.32 jours provient de la fraction de 0.32 jours qui induit un décalage vers l'ouest de l'ombre de la Lune sur la Terre. La correspondante de celle du 11/08/1999 à l'occasion de la nouvelle lune à 11h09 TU s'est produite le 21 août 2017 à l'occasion de la nouvelle lune à 18h30 TU et était visible en Amérique du nord. Au bout de trois saros, soit 54 ans, les conditions de visibilité en un lieu donné sont voisines.

Le jour julien du 11/08/1999 est 2'451'402, celui du 12/08/2026, 2'461'265, soit un écart de 9'863 jours, soit environ 1.5 saros: il n'y a là qu'une coïncidence et non pas un anniversaire... 

 

Il faudra se rendre sur la rive gauche du Rhône

 



séquence typique d'éclipses

Le tableau ci-dessus montre le mécanisme des éclipses sur 9 années. Les séries courtes sur quatre ans des éclipses de Soleil ou de Lune apparaissent clairement et présentent une pente un peu plus accentuée que les lignes des nœuds, le nœud ascendant précédant dans le calendrier le nœud descendant. En 2021 les éclipses de Soleil sont les quatrièmes des séries qui se terminent et les éclipses de Lune les secondes de leurs séries. En 2022 de nouvelles séries d’éclipses de Soleil naissent en ordre inverse en traversant les nœuds, le Soleil passant devant la Lune. En 2024 c'est le tour de nouvelles séries d'éclipses de Lune. En 2025 les séries d'éclipses de Soleil se terminent pour renaître en 2026.

En 2027 une nouvelle série d'éclipses de Lune apparait en juillet alors que la précédente ne se termine qu'en août: il se produit alors deux éclipses de Lune encadrant l'éclipse de Soleil du 2 août. L'année compte 5 éclipses. L'année 2028 compte aussi 5 éclipses à cause de la "retardataire" du 31 décembre.

 En 2029 il se produit une particularité du même ordre mais pour les éclipses de Soleil, deux éclipses de Soleil encadrant l'éclipse de Lune du 26 juin. L'année compte six éclipses. Et on voit bien que si l'éclipse du 31/12/2028 se produisait au tout début de 2029, il y aurait sept éclipses dans l'année (c'est le maximum).



13 pleines lunes et 12 nouvelles lunes

les nœuds ont bien opéré leur recul annuel de 18/19 jours




 


 
 
Les caractéristiques de la très belle éclipse du 12 août, totale et près du pôle nord, sont la contrepartie de celles de la petite éclipse du 17 février, annulaire et au delà du pôle sud.
 
 




lundi 15 décembre 2025

DANSES annuelles de VENUS et MERCURE Périodes de VISIBILITE de MERCURE en 2026

 










L'ECLIPTIQUE, BALLET des PLANETES autour du Soleil en 2026

 


On a retenu la journée du 12 août, date de l'éclipse totale de Soleil. Les pointillés renforcés de la trace de Mercure donnent les périodes de sa visibilité. Idem pour les cornes de Vénus. L'étoile du berger change de statut matin/soir le 24/10. Le point triple du 21 avril, Mercure, Mars, Saturne, se produit trop près du Soleil pour être observable.

 


 


 

ETOILES et PLANETES d'hiver, ETOILES et PLANETES d'été en 2026

 Les Ciels étoilés d'hiver et d'été

 

La projection utilisée ici est celle de Philippe de La Hire (1640/1718) pour son astrolabe. 

Chacune des deux figures présente les étoiles à quinze jours d'intervalle, le premier et le 16 du mois, dans la même position si on avance d'une heure l'observation. (24 heures font 24 quinzaines).

 


 



 Ci-dessous la bande équatoriale du ciel dans la projection de Mercator (1512/1594) avec la trace du déplacement des planètes prés de l'écliptique au cours des deux demi-années 2026 

Mercure fait une boucle en mars. La zone jaune clair est la trace de la Lune dans la période.

 

Mercure fait une seconde boucle en juillet et une troisième en novembre. Vénus fait sa boucle en octobre lors de la conjonction inférieure du 24 octobre. Mars n'en fait pas cette année.

 

 


 

Autour du Soleil en 2026

 Voyage annuel à cheval sur la Terre