LUNAISONS et ECLIPSES
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| 25 rendez-vous dans l'année 2026 à des dates et des heures indisciplinées (?) |
En 2026 treize rencontres sont des pleines lunes, douze des nouvelle lunes: quant au nombre c'est dans la norme puisqu'une lunaison durant en moyenne 29.53 jours, douze lunaisons comptent 354,36 jours. Dans l'année il y a 12.36 lunaisons soit 12 et une treizième tous les trois ans.
Les rencontres se reproduisent donc, d'année en année, avec 365.24 - 354.36 soit 11 jours d'avance.
Plusieurs fois par an, lors d'une nouvelle lune survient une éclipse solaire ou lors d'une pleine lune une éclipse lunaire. Soit la Lune cache le Soleil, soit l'Ombre portée de la Terre cache la Lune. Le trio est en fait un quartet: ou bien la Lune se trouve entre Terre et Soleil et c'est une éclipse solaire, ou bien le Soleil projette l'ombre de la Terre sur la Lune et c'est une éclipse lunaire.
Le plan dans lequel la Terre décrit son orbite autour du Soleil est dénommé "écliptique" puisque c'est le plan que traverse la Lune lors d'une éclipse (du grec ekleipsis disparition) au cours de son trajet autour de la Terre dans un plan d'inclinaison variable par rapport à ce plan d'environ 5°. Ces deux plans se coupent donc en deux points dénommés nœuds de l'orbite lunaire. La condition d'une éclipse est donc que Soleil et Lune ou bien, ombre et Lune, se trouvent ensemble au voisinage de l'un des nœuds. Voilà donc deux acteurs supplémentaires du phénomène.
La Lune subit les attractions de la Terre et surtout du Soleil (deux fois plus forte environ) ce qui rend son orbite extrêmement variable. Non seulement l'inclinaison du plan de l'orbite varie mais aussi l'excentricité et le demi grand axe instantanés. Les nœuds, eux-mêmes, sont mobiles et se déplacent sur l'écliptique dans un sens rétrograde avec un mouvement complexe présentant des périodes rapides, d'autres lentes et avec des allers-retours. Ils régressent sur l'écliptique en moyenne de 18.6 ° en un an.
L'interaction entre le rythme des lunaisons et celui des nœuds entraîne une grande variabilité dans la nature et les caractéristiques de l'éclipse.
Les orbites de la Terre et de la Lune sont elliptiques et les diamètres apparents vus depuis la Terre évoluent donc en fonction de la distance au foyer, Soleil pour la Terre et Terre pour la Lune. Pour le Soleil le diamètre varie de 31.5' à 32.5' et pour la Lune de 29.3' à 33.5'. On constate que les diamètres apparents des deux astres restent très voisins, la Lune pouvant présenter un diamètre un peu supérieur ou un peu inférieur à celui du Soleil. L'éclipse totale impressionne mais la plus belle, car la plus suggestive, est l'éclipse annulaire.
Il y a là une coïncidence extraordinaire: la Lune se trouve environ 400 fois plus près de la Terre (384.000 km) que le Soleil (149.600.000 km) dont le diamètre réel (1.393.000 ) km est 400 fois plus important que le sien (3.475 km)!
Avec une Lune qui serait deux fois plus éloignée de la Terre qu'elle ne l'est, les éclipses auraient été difficilement discernables sans instrument car l'affaiblissement du Soleil serait insignifiant. La seule façon de réaliser que le Soleil est partiellement occulté aurait été d'apercevoir son image à la surface d'une pièce d'eau calme et d'imaginer ce qui se passe
Citons l'astronome Paul Couderc (1899/1981) dans l'introduction du livre "Les Eclipses" PUF 1971:
"Les éclipses, leur observation assidue, le désir de les comprendre et plus tard de les prédire, ont été le moteur premier de la science et, sans nul doute, un facteur essentiel dans le développement intellectuel de l'homme: la raison humaine y a trouvé ses premiers succès et son meilleur terrain d'exercice."
Compte tenu de la valeur des diamètres apparents des astres concernés et de l'inclinaison de l'orbite lunaire au moment de l'éclipse, 5.3°, c'est pendant une période de 35.26 jours (soit 34.75°) axée sur chacun des deux nœuds qu'interviennent les éclipses. Cette période est dénommée saison d'éclipses. En raison du mouvement rétrograde des nœuds, les deux saisons d'éclipses annuelles sont séparées de 173 jours en moyenne. Une lunaison durant 29.53 jours, soit 5.7 jours de moins que cette période, le Soleil (ou l'ombre de la Terre) présent(e) dans le voisinage d'un nœud ne peut manquer de rencontrer la Lune pendant une saison d'éclipses. Il en découlera une éclipse solaire (ou lunaire) et, une demi lunaison plus tard, environ quinze jours, une seconde éclipse de l'autre sorte. Par rapport au nœud, compte tenu de la rétrogradation de celui-ci, le Soleil se déplace de 30.67° par lunaison, valeur inférieure à la période critique de 34.75°.
Il en découle que si une éclipse intervient tout au début de la saison, l'éclipse suivante, de l'autre sorte, peut laisser place à une troisième éclipse de la même sorte que la première au même nœud. La qualité de l'éclipse dépend de l'écart entre le passage au nœud et l'instant de la conjonction. Plus cet écart est faible plus l'éclipse est forte. Près des extrémités de la saison, les astres ne s'éclipsent que partiellement. Dans le cas de trois éclipses dans la saison, une éclipse totale est entourée de deux éclipses faibles. Cela se produit environ une fois sur 6 seulement.
Paul Couderc, opus cité:
"Tout franchissement d'un nœud par le Soleil (tous les 173 jours) s'accompagne nécessairement de deux éclipses au moins, à 15 jours d'intervalle, lors deux syzygies consécutives, l'une de Soleil, l'autre de Lune, en ordre quelconque. Quand il n'y a que deux éclipses successives, l'une a lieu avant le passage du Soleil au nœud, l'autre après, l'une est voisine du nœud ascendant, l'autre du nœud descendant, à l'opposé dans le Zodiaque. Mais il peut survenir 3 éclipses consécutives..."
NB "syzygie" signifie "réunion" de trois corps, ici Soleil, Lune et Terre, soit conjonction ou opposition.
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| éclipses de Soleil en noir, de Lune en rouge, nœuds en bleu |


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